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    Le square Viviani-Montebello a été créé en 1928 à l'emplacement des anciennes dépendances de l'Hôtel-Dieu, dans le 5e arrondissement de Paris. Il borde la remarquable petite église orthodoxe Saint-Julien le Pauvre et se déploie autour d'un robinier faux acacia, considéré comme le plus vieil arbre de Paris.

     

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    Le lieu offre au promeneur une vue exceptionnelle sur le flanc droit de la cathédrale Notre-Dame, dentelle d'ombre et de lumière dominant le petit bras de la Seine. On y découvre des fragments lapidaires, des balustrades et des pinacles gothiques, un sarcophage, un puits légendaire du XIIe siècle et des chapiteaux disséminés sous les arbres.

     

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    Il a été conçu par Léon Azéma (1888-1978), « Prix de Rome et architecte de la Ville de Paris, chargé des promenades et des expositions », à qui nous devons aussi le parc de la butte du Chapeau Rouge. (Cf. Squares et jardins de Paris. Collection Les essentiels du Patrimoine.)

     

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    Après la démolition des dépendances de l'Hôtel-Dieu, ancien Hospice d'Humanité, les parisiens découvrirent un espace en friche dont les autorités municipales ne savaient que faire. Après maintes réflexions, il fut décidé d'aménager un musée des Civilisations Chrétiennes mais cette idée fut balayée lors de la Première Guerre Mondiale. Une décennie plus tard, les parisiens optèrent pour la création d'un vaste square sur les vestiges d'un passé tourmenté.

     

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    Le square porte le nom de l'avocat et député socialiste René Viviani (1862-1925) et rappelle la proximité du quai de Montebello, ancien quai de la Bûcherie puis quai Bignon, aménagé à partir de 1811 entre le Pont Saint-Michel et le Petit-Pont.

     

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    Député de la Seine puis de la Creuse, René Viviani fonda avec Jean Jaurès (1859-1914) le journal L'Humanité en 1904. En 1905, il fut l'initiateur de la loi sur la séparation de l'Église et de l'État. Il devint ministre du Travail (1906-1910) et président du Conseil au moment de la déclaration de la guerre de 1914–1918. (Photographie de presse, agence Meurisse, 1912, conservée à la Bibliothèque Nationale de France.)

     

    Il fit voter des lois réformistes comme le repos hebdomadaire, le salaire de la femme mariée, la possibilité pour les femmes de devenir avocates, la non saisie des biens familiaux... Il fut aussi l'inventeur de l'impôt sur le revenu!

     

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    Bulle de verdure à proximité de la Seine et de Notre-Dame, le square qui lui rend hommage est un écrin pour un arbre remarquable, ancêtre d'écorce et de feuilles et témoin chuchotant de l'histoire mouvementée de Paris.

     

    Le vieux robinier

     

    Considéré comme le plus vieil arbre de Paris, il s'enracine en ces lieux depuis plus de quatre cents ans.

     

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    Planté en 1601 par Jean Robin (1550-1629), botaniste et directeur du Jardin des Apothicaires, il est soutenu par une structure en ciment, en raison de son grand âge et de son poids conséquent.

     

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    Jean Robin reçut de son ami John Tradescant (1570-1638), naturaliste anglais installé en Virginie, des graines de robinia pseudoacacia, un arbre de la famille des Fabaceae (Légumineuses), originaire de la région des Appalaches.

     

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    Un premier robinier fut donc planté, au tout début du XVIIe siècle, dans le jardin de l'église Saint-Julien-le-Pauvre et un second robinier mis en terre, en 1636, dans le Jardin du Roi, actuel Jardin des Plantes.

     

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    La structure en ciment est constituée de puissants étais, en partie dissimulés sous un lierre, qui empêchent l'écorce de rompre sous le poids des branches et des feuilles.

     

    Le tronc de l'aïeul fait 3,50 m de circonférence. En 2010, un banc circulaire en chêne a été installé tout autour. Il domine une margelle en châtaignier tressé. On s'y attarde avec bonheur, à quelques pas de l'agitation du parvis de Notre-Dame.

     

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    L'écorce crevassée dessine des saillies torsadées en fort relief et les branches sinueuses composent une ample couronne de feuilles vert jaunâtre.

     

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    Entre avril et juin, apparaissent des grappes pendantes de fleurs blanches délicatement parfumées. A l'instar des fleurs de courgette et des fleurs d’acacia, ces beautés mellifères sont savourées sous forme de beignets sucrés ou salés.

     

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    Arbre pionnier, le robinier a toujours été apprécié pour la qualité de son bois. On l'a utilisé pour stabiliser les terrains sablonneux et rocailleux tout en enrichissant la terre.

     

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    L'écorce du vieux robinier est recouverte par du lierre mais les jeunes pousses du « parasite gourmand », émetteur de racines suçoirs, sont ôtées chaque année. Les bûcherons de la ville de Paris accomplissent avec beaucoup d'attention la toilette de l'arbre ancêtre ou plutôt de ses rejets car l'arbre originel est à l'état de « fossile ».

     

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    En hiver, il ressemble à un arbre de conte de fées...

     

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    J'adore le photographier ainsi !

     

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    Dans la lumière estivale, il s'habille d'or vert et de luxuriance.

     

    Autour de lui se déploie un jardin romantique, très apprécié par les promeneurs des bords de Seine ou du parvis de Notre-Dame.

     

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    Comme je l'écrivais au début de cet article, il abrite un puits du XIIe siècle réputé miraculeux, des ornements archéologiques et se pare de roses écarlates en été. Je vous en reparlerai dans un futur article consacré à l'église Saint-Julien le Pauvre.

     

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    Le puits médiéval

     

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    On y admire aussi une émouvante fontaine contemporaine qui fera l'objet de mon prochain article.

     

    Bibliographie

     

    Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

     

    Félix et Louis LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Éditions Maisonneuve&Larose, 1855.

     

    Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

     

    Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

     

    Merci à ceux qui prennent très souvent de mes nouvelles.

    Je ne sais pas le dire autrement. Je suis épuisée. Les derniers traitements me mettent plus bas que terre mais je suis toujours là ! En Septembre, recommence la tournée des hôpitaux, les examens (8 IRM à passer, plusieurs électro-encéphalogrammes plus des choses au nom barbare) sans oublier les prélèvements sanguins. Je ne sais plus combien on m'a pris de tubes de sang ces derniers temps. Il vaut mieux ne pas compter. Je vais tâcher de tenir le coup mais j'ai perdu 41 kilos en deux ans et cet été je me suis encore bien amincie alors chaque journée et chaque nuit sont un long chemin...

    Je tiens toujours le coup et je pense fort à vous ainsi qu'à toutes les personnes qui doivent batailler pour leur santé, gros bisous...

    Plume

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    14 commentaires
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    Chers aminautes,

    A l'instar de ce beau pigeon qui se prélasse sur les pavés parisiens, je vous souhaite de profiter au mieux de l'été qui bat son plein.

    Merci à ceux qui me soutiennent, je pense également bien à vous, bises ensoleillées !

    Cendrine

     

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    Plume

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    Gracieux et mellifère, le tournesol évoque l'été, la chaleur fertile du soleil et pare les champs d'un voile d'or pulsatile. Appréciant aussi les jardins urbains où il déploie ses belles inflorescences jaune vif, il apparaît comme l'un des motifs floraux les plus prisés des artistes.

     

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    Originaire d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale, Helianthus annuus appartient à la famille des Astéracées. Il porte des noms poétiques (girasole, grand héliotrope, soleil des jardins, couronne du soleil, graine de perroquet...) et sa floraison est généreuse de juillet à octobre. De manière élégante, si ce « fier soleil » suit la course de l'astre d'or, c'est parce qu'il est soumis à un phénomène d'héliotropisme : sa racine est pivotante et sa tige se courbe en fonction de la position du soleil. Le matin, ses bourgeons « regardent » vers l'est, le soir vers l’ouest et la nuit à nouveau vers l’est. A pleine maturité, quand les graines sont gorgées d'huile précieuse, les fleurs préfèrent rester tournées vers l'est.

     

    La légende du tournesol

     

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    Evelyn de Morgan (1855-1919), artiste anglaise préraphaélite, Clytie, 1893.

     

    Clytie, jeune nymphe aquatique, était la maîtresse d'Apollon, le dieu du soleil mais celui-ci jeta son dévolu sur Leucothoé, fille d'Orchamos, roi de Babylone.

    Le coeur brisé, Clytie, dénonça la liaison de Leucothoé et d'Apollon auprès d'Orchamos qui ordonna que Leucothoé soit enterrée vivante. Apollon essaya en vain de sauver sa bien-aimée et lui rendit hommage en versant sur sa sépulture une sorte de manne parfumée d'où naquit l'encens.

    Désespérée par la portée de son acte, Clytie passa ses jours et ses nuits sur un rocher, tournant fixement chaque matin son regard vers le char d'Apollon qui ne voulut jamais la revoir. Figée dans sa douleur, elle fut métamorphosée en tournesol.

     

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    Charles de La Fosse (1636-1716), Clytie changée en tournesol, 1688. Versailles, musée national du Château et de Trianon.

     

    En fonction des auteurs et des époques, Clytie et Leucothoé sont sœurs.

     

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    Harold F Kells (1904-1986), artiste canadien, Clytie, vers 1934, épreuve à la gélatine argentique, Musée des Beaux-Arts d'Ottawa.

     

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    Louis Welden Hawkins (1849-1910), peintre symboliste. Clytie, date inconnue.

     

    Dans le langage des fleurs, le tournesol est considéré comme un symbole de dévouement et d'extrême générosité du cœur. Offrir un tournesol dans un bouquet signifie : « Tu m'éblouis ! », « Je t'offre mon cœur ! », « Tu es mon soleil ! ».

     

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    Le tournesol est cultivé depuis près de 4000 ans au Mexique. Dans la civilisation Aztèque, il était considéré comme la force vitale du dieu du soleil, Huitzilopochtli. On extrayait du pollen et des pétales un pigment permettant de réaliser des peintures rituelles et lors de cérémonies à caractère solaire, les prêtresses arboraient des colliers faits de pétales de tournesol.

     

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    Diego Rivera (1886-1957), peintre muraliste mexicain. Tournesols, 1943.

     

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    Diego Rivera, Nu avec des tournesols, 1946.

     

    A partir des graines, on obtenait de l'huile, une farine et une sorte d'onguent réputé aphrodisiaque. Des remèdes à base de tournesol étaient également utilisés pour soigner les piqûres d'insectes et les morsures de serpents.

     

    Les Espagnols l'importèrent en Europe au cours du XVIe siècle.

     

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    En Chine, le tournesol devint l'un des symboles forts de la propagande maoïste. Mao se présentait comme le soleil dominant son peuple devenu un immense champ de tournesols tourné vers lui.

     

    En 2010, l'artiste chinois dissident Ai Weiwei a réalisé une installation sensorielle composée d'un parterre géant de graines de tournesol en porcelaine, dans l'immense hall de La Tate Modern de Londres. Les visiteurs ont marché sur 100 millions de graines et au bout de deux jours, en raison d'une poussière jugée potentiellement dangereuse, l'installation a dû être fermée. Là n'est pas le plus important. A travers l'exposition de ces graines, l'artiste a souhaité rappeler que les peuples sont trop souvent écrasés par leurs dirigeants et que la liberté d'expression est un bien commun non négociable.

     

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    Au Japon, le programme « Fukushima Sunflowers Foster Parent Project » consiste à planter de nombreux tournesols dans les régions touchées par la catastrophe car, d'après différentes études, le tournesol (himawari) peut absorber, en un laps de temps relativement court, d'importantes quantités de radioactivité.

     

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    Photo AFP/Kazuhiro Nogi

     

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    Chaque « tête » de tournesol est constituée de fleurettes tubulaires et couronnée de languettes radiales d'un jaune triomphant. L'énergie du soleil active celle de la fleur qui se change en huile gorgée de vitamine E.

     

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    L'huile de tournesol est considérée comme de l'or végétal. Ses vertus sont nombreuses. Gorgée d'acide gras linoléique (Oméga 6), elle agit comme un régulateur du système endocrinien, renforce le système immunitaire et favorise la croissance des cellules. Elle est également utilisée comme biocarburant et après son extraction, on obtient un tourteau destiné à l'alimentation animale.

     

    L'huile de tournesol est pour les pays nordiques et la Russie (grande consommatrice) l'équivalent de l'huile d'olive dans le monde méditerranéen.

     

    A l'instar de l'huile de sésame, de l'huile de coco et d'autres huiles dotées de riches vertus, l'huile de tournesol est utilisée pour purifier la bouche en profondeur et se débarrasser des toxines pouvant altérer la santé des dents et nuire à l'équilibre de l'organisme. Il s'agit de la technique indienne du « oil pulling » dont je suis friande. Suivant des principes ayurvédiques, elle consiste à faire un bain de bouche à l'huile, chaque matin à jeun.

     

    Des substances actives issues de la tige entrent dans la composition de certains produits cosmétiques.

     

    Quant aux graines, délicieuses, elles sont consommées séchées, grillées ou encore germées. Au XVIIe siècle, on les torréfiait pour les utiliser comme substitut du café et du chocolat. Riches en sels minéraux (manganèse, cuivre, phosphore, zinc...), elles sont réputées fluidifier la circulation du sang.

     

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    Le Tournesol dans les Arts

     

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    Aimé des artistes, le tournesol déploie ses longues tiges et ses pétales charnus sur les balcons des immeubles Art Nouveau.

    Un bel immeuble Art Nouveau signé Georges Malo.

     

    On le retrouve fréquemment dans la Peinture et les Arts Décoratifs.

     

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    Anton Van Dyck (1599-1641), Autoportrait avec un tournesol, 1632-1633. Collection particulière.

     

    Installé à Londres au début des années 1630, l'artiste flamand devint Premier Peintre du roi Charles Ier d'Angleterre auquel il offrit son profond dévouement, symbolisé par la fleur de tournesol aux pétales d'or.

     

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    Van Dyck, Étude pour le portrait de Sir Kenelm Digby (1603-1665), philosophe anglais, 1633.

     

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    Pierre Mignard (1612-1695), La marquise Athénaïs de Montespan (1640-1707), 1670.

     

    Madame de Montespan était la maîtresse de Louis XIV depuis 1667. A cet égard, elle fut souvent représentée par Pierre Mignard, Premier Peintre du roi. L'élégant bouquet de fleurs de tournesol évoque ici les faveurs royales dont elle bénéficiait et le rayonnement de sa beauté sur les charmes de la Cour.

     

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    Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois. La leçon avec les tournesols ou la première leçon, 1903.

     

    Fleur des champs, le tournesol est associé chez Larsson aux joies et aux souvenirs d'enfance. Il représente également la jeunesse du soleil.

     

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    Carl Larsson, Dix-huit ans, 1902.

     

    Dans la main de cette jeune fille vêtue de blanc, un brin rêveuse à l'orée de ses dix-huit ans, le tournesol devient un emblème de la fertilité de la terre. Incontournable élément des fêtes de l'été particulièrement célébrées dans le monde nordique.

     

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    Carl Larsson, Jeu de cache-cache.

     

    Les Tournesols de Vincent Van Gogh (1853-1890)

     

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    Vase avec douze tournesols, Arles, août 1888. Neue Pinakothek, Munich, Allemagne.

     

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    Vase avec quinze tournesols, Arles, août 1888. National Gallery, Londres.

     

    Il s'agit d'une suite de sept tableaux décrivant l'évolution des fleurs de tournesol, de l'étape de la floraison à celle du flétrissement. Le premier tableau de cette série a été peint pour Paul Gauguin afin de décorer sa chambre.

     

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    Vase avec trois tournesols, Arles, août 1888. Collection privée, États-Unis.

     

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    Vase avec quinze tournesols, Arles, janvier 1889. Musée Van Gogh, Amsterdam.

     

    Subtile évocation du temps qui passe et de la vie qui s'écoule...

     

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    Vase avec quinze tournesols, Arles, janvier 1889. Musée d'art Sompo, Tokyo.

     

    Le tournesol, tel une clepsydre végétale...

     

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    Vase avec douze tournesols, Arles, janvier 1889. Musée d'art de Philadelphie, États-Unis.

     

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    Vase avec cinq tournesols, Arles, août 1888. L’œuvre fut détruite le 6 août 1945 au cours d'un bombardement américain sur le Japon.

     

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    Les tournesols évoquent la formidable créativité de Van Gogh qui loua, en 1888, en Arles, une petite maison dont la façade était peinte en jaune.

     

    Couleur maîtresse, imprégnée de l'or solaire du Midi, le jaune se déploie sous son pinceau vers les oranges et les roux caramélisés et forme un cri primal et coloré, dardé vers l’œil du spectateur.

     

    En 1987, Yasuo Goto, magnat de l'assurance au Japon a fait l'acquisition d'un de ces tableaux pour la somme de 40,8 millions d'euros !!! Cela a inspiré, en 1991, au poète Jean Ferrat (1930-2010) une chanson, Les Tournesols, pleine de colère et d’écœurement face aux sommes indécentes circulant sur le marché de l'art, sachant que nombre d'artistes, à l'instar de Van Gogh, ont vécu dans la misère.

     

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    Isaac Lazarus Israels (1865-1934), peintre néerlandais associé à l'Impressionnisme, Femme devant les tournesols de Van Gogh, 1917.

     

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    Claude Monet (1840-1926), Bouquet de soleils, 1881.

     

    A l'instar de Van Gogh, Monet aimait énormément les tournesols. A travers eux, sa touche happe la lumière tout en exhalant les couleurs comme autant de parfums.

     

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    Gustav Klimt (1862-1918), Le jardin aux tournesols, 1912.

     

    Artiste majeur de la Sécession Viennoise, sorte de cristallisation autrichienne de l'Art Nouveau fondée sur l'égalité entre les arts et luttant contre le Conservatisme, l'Historicisme et l'Éclectisme, Klimt peignait les fleurs comme des notes de musique ou des gemmes colorées.

     

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    Klimt, Tournesols

     

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    Piet Mondrian (1872-1944), Nature morte avec le tournesol, 1907.

     

    Les sept années qui suivirent virent le passage progressif du maître néerlandais à l'abstraction mais déjà les masses colorées de l’œuvre traduisent la force d'une touche qui fracasse la matière tout en annonçant un vocabulaire de lignes oscillatoires.

     

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    Egon Schiele (1890-1910), Tournesols expressionnistes, 1911. Vienne, Belvédère.

     

    Les fleurs, sur le chemin de la mort... Quelques touches de lumière éclatent dans la palette d'ombre où les tournesols égrènent le temps.

     

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    Bernard Buffet (1928-1999), Tournesols et melon, 1967.

     

    Densité des lignes d'encre qui rythment l’œuvre... Dans ce maillage, la couleur explose, attisant les feux des tournesols comme autant de blessures de lumière.

     

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    Edward Steichen (1879-1973), photographe, peintre et lithographe américain. Le Tournesol, 1920. National Gallery of Art, Washington.

     

    A travers cette vision ultra colorée, hallucinée, l'artiste nous séduit par son énergie ludique tout en explorant la dynamique du combat entre la lumière et les ombres.

     

    Je termine cette promenade solaire en compagnie du Professeur Tryphon Tournesol, né de l'imagination si fertile d'Hergé. Souvenons-nous des publicités des années 1970 pour la margarine Fruit d'Or.

     

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    Merci à tous ceux qui prennent si gentiment de mes nouvelles. Je tâche de garder la tête au-dessus des flots et c'est un combat de chaque instant. Je pense bien fort à vous. Je vous souhaite un très bel été. Gros bisous !

    Plume

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    Princesse estivale aux atours soyeux, l'anémone du Japon (anemone hupehensis) aime l'or du soleil et s'accommode avec élégance des premières fraîcheurs de l'automne.

     

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    Voluptueuse et gracile, corsetée de rose et de blanc, la belle s'épanouit de l'été aux premières gelées. On dit qu'elle suscite l'inspiration et fait voyager les pensées à travers le vent...

     

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    Entre légèreté et robustesse, ses longues tiges hissent ses fleurs vers la lumière.

     

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    Entre blancheur d'opale et feu d'aurore, sa robe nacrée accueille une couronne d'étamines jaune d'or.

     

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    Bourdons et abeilles la butinent avec gourmandise mais elle est pour l'Homme d'une grande toxicité, ce qui préserve sa beauté.

     

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    Elle appartient à la famille des Renonculacées et sa palette est différente de celle des autres anémones.

     

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    Elle s'épanouit partout dans Paris mais elle aime particulièrement l'écrin du Jardin des Plantes. Je vous l'offre en photo pour vous dire merci et vous souhaiter d'agréables vacances. Avec mon amitié !

     

    Pour vous donner quelques nouvelles, je suis toujours épuisée et je vais devoir changer d'hôpital car, une nouvelle fois, les traitements ne fonctionnent pas... Je tâche de garder le moral, je vous embrasse.

    Plume

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    Encore une fois, que dire hormis le dégoût, la colère, l'incompréhension... et toute ma compassion pour les victimes de l'attentat de Nice et leurs familles, sans oublier les victimes du terrorisme, où qu'elles soient sur notre terre... Le sang a éclaboussé notre 14 Juillet National mais notre liberté d'exister n'est pas négociable.

     

    Je pense à vous mes ami(e)s, je vous embrasse, restons unis comme à chaque tragédie de ce genre et gardons le cap vers un avenir que nous espérons meilleur...

     

    Cendrine

     

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    Plume

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