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    Au numéro 14 de la rue Saint-Julien le Pauvre, face à la petite église orthodoxe dont je vous ai parlé ICI, se dressent les élégants vestiges de l'Hôtel de Laffemas. Cette demeure du XVIIe siècle fut édifiée pour Isaac de Laffemas (1583-1657), lieutenant civil de la Prévôté de Paris, avocat, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Bordeaux, à l'emplacement d'un bâtiment du XIVe siècle : la Maison de Carneaulx dont il subsiste quelques pierres incluses dans un morceau de façade.

     

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    L'hôtel ne se visite pas mais le fronton de sa porte monumentale est classé. Il abrite des sculptures de belle facture.

     

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     Thémis, la déesse de la Justice, de l'Ordre et de la Loi, est étendue entre des branches d'olivier. Accompagnée d'un angelot qui brandit une rose, elle tient la balance de l'Équité.

     

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     Sa présence se réfère aux hautes fonctions juridiques exercées par le maître des lieux.

     

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     Fille de Gaïa, la déesse de la Terre, Thémis eut avec Zeus, le seigneur des Olympiens, trois filles nommées Équité, Loi et Paix Universelle. Considérée comme une entité clairvoyante et une gardienne des secrets, elle est également décrite dans certains textes comme la mère du titan Prométhée. La fleur qu'elle serre dans sa main droite évoque l'irrémédiable fuite du temps alors qu'au fil des époques, la justice perdure.

     

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    Une belle agrafe sculptée domine la porte.

     

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     Le visage que nous observons est celui du héros Hercule paré de la dépouille du Lion de Némée. Ce motif est récurrent au-dessus des entrées de manoirs et d'hôtels particuliers.

     

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     Surtout connu pour ses activités de lieutenant civil et criminel de la Prévôté de Paris, à partir du 10 mars 1637, Isaac de Laffemas était un singulier personnage qui s'illustra dans sa jeunesse en tant que poète, acteur, dramaturge et auteur de Mazarinades.

     La mazarinade est un pamphlet satirique, un libelle en prose burlesque publié à l'époque de la Fronde et visant le cardinal Mazarin (1602-1661). Il y eut des mazarinades particulièrement assassines et d'autres écrites en faveur du ministre afin de contrer les accusations des frondeurs.

     Avocat au Parlement de Paris, Isaac de Laffemas devint conseiller du roi en 1613 et procureur en la chambre de justice en 1620. Dès qu'il entra au service du cardinal de Richelieu (1585-1642), il fut violemment décrié et quand il devint, après 1625, maître de requêtes au conseil privé du roi, ses détracteurs le firent convoquer devant ses pairs.

     Malgré les oppositions farouches qu'il rencontra, il prouva que son passé artistique était compatible avec de hautes fonctions politiques et il occupa, soutenu par Richelieu, d'autres postes élevés : conseiller au parlement de Bordeaux, intendant en Champagne, dans le Pays Messin, dans la généralité d'Amiens...

     L'Histoire a essentiellement retenu son comportement implacable envers les ennemis du Cardinal. À l'origine de la torture et de l'assassinat d'un grand nombre de personnes, il reçut les surnoms de « maître étrangleur » et de « bourreau de son Éminence ».

     Victor Hugo (1802-1885) écrivit à son sujet dans la pièce Marion Delorme, créée le 11 août 1831 au théâtre de la Porte Saint-Martin : « Démon, j'ai dans les yeux la sinistre flamme de ce rayon d'Enfer qui t'illuminait l'âme. »

     

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     Marion Delorme relate l'histoire d'une courtisane qui vécut sous le règne de Louis XIII (1601-1643). L'affiche est signée Léon Choubrac (1847-1885).

     

     Qui sait si le fantôme d'Isaac de Laffemas ne continue pas de hanter les couloirs de l'hôtel où il vécut ?

     

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     Le portail et les vestiges de sa demeure, photographiés en août 1899 par Eugène Atget (1857-1927). Paris, Musée Carnavalet. Les vieilles friches des dépendances de l'Hôtel-Dieu sont visibles au premier plan.

     

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     Le portail apparaît sur cette autre photographie d'Atget, prise avant la démolition du mur de l'annexe de l'Hôtel-Dieu. A cet emplacement, s'étend désormais le Square Viviani.

     

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     La rue Galande et la rue Saint-Julien le Pauvre en 1895, photographiées par Charles Marville (1813-1879). On aperçoit le portail de l'Hôtel de Laffemas.

     

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     Et sur ma photo, émanation d'un passé complexe et tourmenté, il se dresse encore.

     

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     La rue Saint-Julien le Pauvre, riche de monuments ancrés dans la mémoire du vieux Paris, est agréable et pittoresque, comme un petit coin de village niché dans la ville.

     

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     Juste à côté de l'Hôtel de Laffemas, on aperçoit cette devanture.

     

    Ribouldingue est un mot populaire qui signifie faire la bringue, la java, la noce, la nouba, la foire... Quand on fait la ribouldingue, -on -riboule et on dingue, d'après de vieux langages régionaux-, on fait bombance sans modération !

     

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     Ribouldingue, Croquignol et Filochard sont les trois Pieds Nickelés, héros d'une BD caustique et pleine d'aventures comico-féroces qui fit voyager les lecteurs pendant la Première Guerre Mondiale, l'Exposition Coloniale de Paris en 1931 ou encore la Prohibition aux États-Unis.

     

    Sur le web, le restaurant Ribouldingue est présenté comme fermé depuis quelques temps.

     

    En vous remerciant de votre fidélité, je vous souhaite de belles journées de décembre et une joyeuse Saint-Nicolas. Gros bisous !

     

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    Chers Aminautes, certains d'entre vous connaissent le problème : sur Eklablog, depuis quelques temps, les newsletters se perdent et, comme me l'ont fait remarquer plusieurs d'entre vous, des commentaires ne sont pas validés. Du coup, je me suis rendue compte que parmi les commentaires que j'avais déposés sur vos blogs certains ne sont plus en ligne...

    En espérant que la situation évolue positivement, je publie ces quelques photos en remerciant le petit oiseau trop mignon qui a gentiment posé pour moi dans le square Viviani.

    Je vous souhaite une belle semaine, amicalement !

    Cendrine

     

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    Dans une rue pleine de charme épargnée par la frénésie des travaux haussmanniens, je vous invite à poursuivre une promenade commencée, il y a quelques semaines, près du square Viviani. Avec ses maisons médiévales, ses pavés, son allure en courbe et l'étroitesse de ses trottoirs, la rue Galande nous fait voyager, à proximité de la Seine et de Notre-Dame, dans la mémoire ambivalente du vieux Paris.

     

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    Photographie d'Eugène Atget (1857-1927)

     

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    Photographie de Roland Marguinaud (1924-1965), prise à la fin des années 1950.

     

    Elle fut ouverte, en 1202, le long des vignes du clos de Garlande, propriété d'Étienne de Garlande (1070-1150) qui était l'archidiacre de Notre-Dame sous le règne de Louis VI le Gros (1081-1137). Peuplée de petits commerces et d'hôtelleries, elle suivait le tracé de la route gallo-romaine reliant Lutèce à Fontainebleau et permettait d'accéder à un vieux cimetière juif. Elle abritait aussi la chapelle de Saint-Blaise et de Saint-Louis, bâtie en 1476, siège de la confrérie des maçons et des charpentiers de Paris dont il demeure quelques fondations inaccessibles aux promeneurs.

     

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    L'étal de la marchande de légumes et de fruits a été remplacé par ces commerces.

     

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     Juste en face, au numéro 52, ces petits personnages sculptés nous content une histoire bien sombre : celle du Caveau des Oubliettes...

     

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     Il s'agissait autrefois d'une prison considérée comme une « succursale » des sinistres geôles du Châtelet. Créée, à l'époque de Philippe-Auguste (1165-1223), sous le niveau de la Seine, elle « accueillait » les prisonniers qui avaient -prétendument- porté atteinte à l'intégrité de la Couronne ou pratiqué la magie noire. Sans aucune forme de procès, les accusés étaient précipités dans l'oubliette via une trappe s'ouvrant sous leurs pieds. Ne pouvant se redresser, ils souffraient de fractures et de plaies infectées et mouraient dans d'atroces conditions. Ils étaient d'ailleurs souvent noyés par les crues de la Seine toute proche.

     Au XIXe siècle, il y eut à cet endroit un étrange cabaret. On venait y frissonner devant des cages de fer remplies de crânes et d'ossements et boire de l'hydromel hallucinogène. On y honorait, en tant que symbole des lieux, une ceinture de chasteté médiévale placée sur scène.

    L'ancienne salle des gardes était un musée rempli d'objets de torture : tisonniers, pinces, instruments tranchants, chevalets, chaises à clous et à dents... Ces objets accompagnaient une guillotine datant de 1793 et un théâtre de poupées morbides, fabriqué par un prisonnier qui avait gratté la chaux des murs de son cachot. La salle muséale donnait accès aux profondeurs des catacombes.

     De nos jours, on y écoute du jazz moderne, teinté de soul et de pop, dans une ambiance intimiste. Les cruautés qui se sont déroulées entre les épais murs de pierre font partie de la mémoire « gothique » de Paris.

     

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     Au numéro 42, une enseigne médiévale domine l'entrée d'un cinéma d'Art et d'Essais, le Studio Galande. Consacrée à la légende de Saint-Julien, elle est considérée comme la plus ancienne de Paris. On trouve parfois de « vénérables » enseignes dans l'espace public mais elles sont conservées, pour la plupart, au musée Carnavalet, près de la Place des Vosges.

     

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     Pour la petite histoire et les cinéphiles avertis, le Studio Galande projette, depuis plus de 38 ans, le film culte The Rocky Horror Picture Show.

     

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     Revenons à l'enseigne de Saint-Julien. D'après certains historiens, elle appartenait à l'église Saint-Julien le Pauvre mais d'après des documents datés de 1380, il semble qu'elle ait été associée, dès le départ, à une maison de la rue Galande : « la maison où au-dessus est l'ensaingne de Saint-Jullian ». En 1441, il s'agissait de la « maison ouquel est à présent élevée en pierre de taille l'Ymaige de Saint-Jullian ».

     Patron des voyageurs, des pèlerins et des âmes de passage, Saint-Julien était très apprécié des aubergistes et des hôteliers qui plaçaient leurs établissements sous sa protection. Le vieux quartier qui se déploie autour de la rue Galande, du square Viviani et de l'église Saint-Julien le Pauvre regorgeait d'auberges et de restaurants qui l'honoraient comme saint tutélaire.

     

    La légende de Saint-Julien

     Un cerf doté de dons de prophétie prédit à Julien qu'il tuerait un jour ses parents. Effrayé, Julien se maria loin de son pays natal mais ses parents le retrouvèrent. En son absence, ils se présentèrent à leur belle-fille qui leur offrit le gîte et le couvert. Quand Julien rentra, il fut confronté, dans l'obscurité, à deux personnes « inconnues » dans son lit. Pris de panique, il les tua, accomplissant, de manière involontaire, la prophétie du cerf. Suite à ce parricide, il fit vœu de pauvreté et s'installa, avec sa femme, au bord d'un fleuve dangereux pour faire office de passeur.

     Le bas-relief décrit Julien et sa femme dans une barque, de part et d'autre du Christ auréolé. Le Christ s'est présenté à eux sous l'apparence d'un lépreux et ils l'ont accueilli chaleureusement. Julien, pardonné, pourra rejoindre, avec sa femme, le Paradis pour l'éternité.

     

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     Le thème de la barque de Saint-Julien « interprété » par Georges Jeanclos, artiste aux œuvres étranges et profondément mystiques dont je vous ai présenté les travaux dans l'article suivant :

     La fontaine Saint-Julien le Pauvre ou fontaine Jeanclos

     Comme je l'écrivais au début de cette page, les travaux d'Haussmann n'ont pas altéré l'allure générale des lieux. Un immeuble haussmannien est visible à l'entrée de la rue mais d'élégantes maisons médiévales sont restées debout.

     

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     L'immeuble haussmannien au croisement de la rue Dante et de la rue Galande.

     

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     Au numéro 31, on admire un grand pignon de bois daté de 1480.

     

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     A cet endroit, vécut le médecin et professeur de génétique Jérôme Lejeune (1926-1994) qui fut à l'origine, avec le professeur Raymond Turpin, de la découverte de l'anomalie chromosomique responsable de la Trisomie 21. Le professeur Lejeune identifia aussi la maladie du cri du chat, un trouble génétique dû à l'altération du cinquième chromosome.

     

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     En flânant dans la rue, on aperçoit de beaux mascarons, gardiens de la mémoire des lieux.

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    Et au numéro 65 bis, on ne résiste pas à l'envie de pousser les portes de la librairie CYBELE, spécialisée dans les publications liées à l'Égyptologie.

     

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     J'en profite pour faire mes amitiés au professeur Richard Lejeune dont le blog Égyptomusée est une mine d'informations sur les trésors de l'Égypte antique. Un grand merci, cher professeur, pour la générosité qui émane de vos écrits !

     

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    En vous remerciant, chers aminautes, de votre fidélité, je vous envoie de gros bisous...

     

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    Coucou les ami(e)s, le vent souffle fort des feuilles de toutes les couleurs. Vous m'avez demandé des nouvelles de ma santé et je vous en remercie. Je pense aussi bien fort à vous. Le mois qui m'attend est chargé en examens afin d'étudier l'évolution de ma méningite. De plus, les médecins essayent toujours de trouver une solution à mes crises d'épilepsie. Je dois retourner plusieurs fois à l'hôpital et faire des tests sanguins complexes que très peu de laboratoires pratiquent. J'ai une longue liste de choses à faire dans les jours à venir, je suis un protocole de médecine alternative qui, je l'espère, portera ses fruits et je vois une naturopathe qui m'aide beaucoup. J'essaie de me reposer dès que je le peux et j'essaie aussi d'écrire des articles pour me changer les idées mais ce n'est pas évident. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite une belle semaine. Merci de votre sollicitude envers moi, sachez qu'elle est profondément réciproque. Je vous embrasse affectueusement et vous offre un petit florilège de couleurs d'automne...

     

    Avec mes pensées les plus tendres pour mon aminaute Brigitte (La Table de Brigitte) dont j'ai appris le décès tout à l'heure. Je suis très triste et je songe à sa famille... Je n'ai pas vraiment les mots. De grosses bises pour tous ceux qui l'aiment et qu'elle repose en paix... Je ne l'oublierai pas et je me souviendrai de sa générosité, sa gentillesse, son talent de pâtissière...

     

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    Rosa chinensis sanguinea

     

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    Arbre à perruque (Cotinus coggygria, Anacardiacées).

     

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    Pommier à fleurs (Malus X Zumi, variété « Golden Hornet », Rosacées).

     

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    Jasmin de Virginie (campsis radicans, Bignoniacées)

     

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    Gros bisous !

    Plume

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    Molly Harrison, Le chemin de la sorcière.

     

    Nuit de liesse magique, nuit d'or et de ténèbres... revoici Halloween, ma fête préférée !

    L'automne est plus profond, la métamorphose des couleurs se poursuit alors je vous souhaite de profiter des jolies choses qui nous entourent. Gardons l'espoir en ce monde triste et troublé et savourons, chaque fois que nous le pouvons, les petits bonheurs du quotidien.

     Pour lire ou relire mes articles au sujet d'Halloween, notre très vieille Samain, il suffit de cliquer...

     

    Avec de tendres pensées, sans oublier nos chers disparus...

     

    Je vous laisse en compagnie des sorcières de Molly Harrison, artiste fantasy dont le site www.mollyharrisonart.com regorge de créatures fantasmagoriques. Gros bisous !

     

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    Octobre enchanté

     

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    Rêverie d'automne

     

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    Sorcière d'automne

     

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    Sortilège gothique

     

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    Balade d'automne

     

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    Les récoltes d'octobre

     

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    Flamme d'octobre

     

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    Les vents d'octobre

     

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    Attention à la chouette rouge tachetée

     

    Amicalement vôtre !

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